:: Gurū Nānak (1469-1539) ::

Gurū Nānak est le fondateur et 1er gurū de la communauté sikh.

Né au 15e siècle au Penjāb, il se distingue très tôt par son goût pour la transcendance par le chant et la poésie lyrique, et par une fréquentation assidue des yogis et des mystiques soufis qui parcourent la région.

Marqué par une puissante expérience mystique qui le verra composer le Jap Jī, son oeuvre fondatrice, il décide de voyager à travers le monde pour partager son enseignement. C'est ainsi qu'en une vingtaine d'années, il fera quatre grands périples qui le mèneront dans toutes les régions de l'Inde, et dans l'Himalaya, au Sri Lanka, en Afghanistan, en Perse, dans la péninsule arabique, etc.

Puis il s'établit définitivement au Penjab où il fonde une communauté spirituelle, Kartarpur (la « Ville du Créateur »), dont le mode de vie établit les bases du dharma sikh : travail (agriculture, artisanat, commerce...), enseignement spirituel, communion dans le chant méditatif, et partage.

Gurū Nānak quitte son corps physique en 1539 à 70 ans, après avoir nommé son successeur, Lehen (qu'il baptise du nom d'Angad), à la tête de la communauté sikh naissante. Il lègue une somme considérable de compositions mystiques d'une grande richesse et d'une exceptionnelle beauté, réunies dans le Sirī Gurū Granth Sāhib. Notons aussi que ses huits successeurs signeront leurs oeuvres de son nom, Nānak, comme pour signifier qu'ils brillent tous de la même lumière.

♫ Le rāg Gaorī Bērāgan

Comme son nom le suggère, le rāg gaorī bērāgan est un rāg de Bērāg, ou tristesse de la séparation. L'auditeur est laissé avec un intense sentiment de tristesse, de vide. Toutefois, l'équilibre de du rāg Gaorī permet à ce sentiment de motiver l'auditeur à essayer de découvrir exactement ce qui lui manque. Gaorī Bērāgan évoque donc un sentiment de tristesse, quand il devient une leçon de vie, et non pas quand il engendre une humeur dépressive.